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samedi 7 novembre 2009

Kigali : pourquoi les briques de lait ne contiennent-elles que 500 millilitres?

Souvenez-vous du Weetabix, ces céréales agglomérées en forme de tablettes de lessive qui font aussi bien le bonheur de certaines personnes au petit déjeuner que celui des chevaux. Arrosées de lait, elles serviront de matière d’appoint pour réaliser des murs en torchis de paille. Encore faut-il que vos trois colocataires vous aient laissé du lait frais. Car, avec un demi-litre le carton de lait, se lever tard signifie Weetabix saupoudré de lait en poudre Nido de Nestlé (horreur!) et arrosé d’eau chaude. La misère.

Pourquoi si peu dans une brique de lait? Le modeste rendement des vaches de Kigali ne permet-il pas de faire des contenances plus importantes? La mise au ban des emballages plastiques au Rwanda a-t-elle scellé le sort des briques d’un litre? La concurrence du lait en poudre imposerait-elle une volumétrie moins importante dans la production laitière? En tout cas, dites à vos colocataires d’acheter moins de bière et plus de lait (et du pain aussi).

Allez savoir. Au fait, qui a la réponse?

PS : Aussi étonnant que cela paraît, les vaches sont aussi typiques du paysage rwandais qu’elles le sont en Normandie. Kigali, la capitale, en est le premier exemple. Quelles sont donc les traces de cette production bovine et laitière dans le pays. Laissons aux scientifiques le soin de nous présenter les chiffres. Dans la vie quotidienne, voici ce qu’on peut remarquer : le “gouda” rwandais, bien que trop salé, est infiniment meilleur que celui fabriqué au Vietnam et supporte sans mollir la comparaison avec la production européenne. Par ailleurs, on voit beaucoup de laitiers parcourant sans relâche les villes et les campagnes en bicyclette. Enfin, et ceci n’intéressera que les omnivores, la viande de bœuf est moins chère que le porc ou le poulet. Même le poulet bicyclette est une denrée de luxe. Se casser les dents et payer une fortune, un comble!

mercredi 21 octobre 2009

Kigali : pourquoi le piment est-il conditionné dans un flacon de gouttes pour les yeux?

IMG_0318 La patience est une vertu nécessaire au restaurant. Si vous optez pour un plat à la carte au lieu de la très répandue formule buffet, sachez maîtriser les ardeurs de votre estomac désespéré. Et si ventre affamé n’a pas d’oreilles, il ferait tout de même bien de garder les yeux ouverts. Car, le petit flacon avec du liquide jaune sur la table n’est pas pour nettoyer vos yeux fatigués de mirer la nappe blanche vierge de nourriture. C’est du piment liquide.

Pourquoi le piment est-il conditionné de la sorte? Serait-ce pour réduire le nombre de cas d’ulcère dans ce petit pays? Serait-ce pour réutiliser les flacons donnés par les pharmaciens et autres opticiens? A moins que cela ne serve à menacer les serveuses de se mettre une goutte dans l’œil pour chaque dizaine de minutes d’attente? En tout cas, prudence, quelques gouttes suffisent.

Allez savoir. Au fait, qui a la réponse?

PS : Que faire le dimanche à Kigali quand on n’a pas envie d’aller à la piscine? Eh bien, vous n’êtes pas obligé de rester à Kigali justement. Allez donc à Gisenyi au nord-ouest du Rwanda au bord du lac Kivu. C’est à trois heures de route de la capitale. Le lac est clair, frais et propre pour se baigner et oublier sa folle semaine. L’hôtel Serena possède un cadre idéal pour la baignade. Cependant, la plus belle surprise se trouve à dix minutes en voiture. C’est le motel Paradis qui se trouve également au bord du lac. La nourriture y est très bonne. Le filet de tilapia grillé aux oignons est un régal. Le jardin est luxuriant et magnifique. On entend les enfants jouer dans des pirogues. On entend les chants dans les églises. On entend les oiseaux. Et le piment est fort, parfumé et délicieux.

dimanche 4 octobre 2009

Kigali : Pourquoi les noms de joueurs de football ne sont-ils pas imprimés au dos de leurs maillots?

Les matchs de qualifications pour la Coupe du Monde 2010 sont pathétiques. Au Rwanda, la défaite contre l’Egypte n’était ni de la faute du gazon, ni celle des spectateurs désabusés et encore moins celle de l’arbitre – qui n’était pas vendu parce qu’il n’y avait rien à acheter. Mes collègues et moins pensons que c’était de la faute de … euh… quel est le nom de ce joueur déjà? Ben zut, pas de nom. Bon, allez, joueur numéro dix : tu t’en tires bien.

Pourquoi a-t-on fait l’impasse sur les noms de joueurs sur les maillots? Serait-ce pour punir ces (télé)spectateurs retardataires qui n’auraient pas eu le temps de mémoriser la liste des vingt-deux joueurs apparaissant à l’écran avant le coup de sifflet initial? Serait-ce pour encourager les futurs papas à trouver d’autres sources de prénoms pour leurs enfants? Serait-ce pour limiter les déchets à l’impression des maillots dues aux coquilles?

Allez savoir. Au fait, qui a la réponse?

PS : Il est difficile de trouver de bons blogs simples qui racontent la vie à Kigali. C'est même une entreprise que je ne souhaite pas faire. J'ai pourtant réussi à trouver celui-ci. Il est plutôt assez prenant. Donc, si l'anglais est aussi une langue que vous aimez autant que le français, n'hésitez pas à consulter ce blog.

dimanche 20 septembre 2009

Kigali : pourquoi le karaoké se chante-il en playback?

Pas de vidéo musicale avec des filles dénudées, ni de cris primaires, et encore moins de cabine privatisée. Ne parlons pas des hôtesses qui vous servent, apportent et boiraient même votre bière si tel est votre souhait. Aucun doute, nous ne sommes plus à Vientiane. A Kigali – et ne me demandez dans quel quartier car je n’arrive toujours pas à me repérer –, les téméraires choisissent la musique, dansent mais miment la chanson au micro, comme au bon vieux, voire très vieux, temps de l’émission la Chance aux Chansons. Pourquoi?

Serait-ce parce que les microphones ne sont pas branchés, de peur que les “artistes” ne se prennent les pieds dans les fils électriques en dansant? Les patrons de bar veulent-ils se prémunir des voix de crécelle qui feraient invariablement fuir leurs clients attablés? Les maisons de disque ont-elles refusé les importations de compilations de karaoké au Rwanda au prétexte que c’est un “marché marginal avec un retour sur investissement à très long terme”? En tout cas, un karaoké en playback, c’est comme une brochette de chèvre sans frites.

Allez savoir. Au fait, qui a la réponse?

PS : comment va mon niveau d’anglais en Afrique? Après l’Asie, très mal. Je m’étais bien habitué aux accents lao, thaï, sri-lankais, philippin, indien (dans une moindre mesure) et australien. Maintenant, j’avoue que l’oreille est à ré-éduquer car les accents rwandais, ghanéen, nigérian, tanzanien et sud-africain sont notoirement différents. Je suis aussi un peu dur de la feuille, ce qui n’arrange rien.

Le plus dans cette région : les dictons qui accompagnent en permanence les échanges. Pour l’instant, je ne suis pas encore arrivé à faire la relation entre le sujet de la conversation et le dicton. Ça ira mieux avec le temps.

PS 2: voici une blague très subtile qui contribue à la bonne humeur:

Un homme se décide enfin à se faire opérer. Il prend donc rendez-vous à la clinique :

“ Docteur, je voudrais me faire euh… quel est le mot déjà? Euh… (longue hésitation) castration… oui, castrer.

- Très bien, Monsieur”.

Sitôt dit, sitôt fait. Après l’opération, en convalescence, notre homme reçoit un appel d’un de ses amis :

“ Alors, cette circoncision?

- Oui, c’est ça! Circoncision, c’était le mot que je cherchais.”

mercredi 16 septembre 2009

Kigali : pourquoi les ralentisseurs sont-ils si difficiles à discerner?

Les belles rondeurs de Kigali se domptent mieux avec une voiture tout-terrain pour circuler dans Kigali. Les nids de poule aussi. Les petites ornières également. Ajoutons-y les trottoirs mais pas les pieds des gens; tout de même. Et tant pis pour l’empreinte carbone, si chère à mon amie Marie. Mais 4x4 ou pas, gare aux ralentisseurs aux couleurs défraîchies : si on ne s’astreint pas régulièrement à coller les yeux sur le pare-brise, on risque de sentir sa colonne vertébrale se faire mettre à l’amende par les gendarmes couchés.

Les ralentisseurs invisibles, serait-ce pour s’épargner la peine de passer le contrôle technique et remplacer directement ses amortisseurs? Serait-ce un moyen non pas de réguler le trafic mais d’augmenter la hauteur des collines de quelques précieux centimètres? Ces ralentisseurs seraient-ils placés et laissés en l’état en tant qu’allégorie lourde de préjugés d’un certain rythme de vie? Quoi qu’il en soit, à Kigali, soyez prêts pour des freinages tardifs bien fumants.

Allez savoir. Au fait, qui a la réponse?

PS : la vie est chère à Kigali. Surtout quand on vient d’Asie du sud-est. Toutefois, on arrive toujours à trouver des petites choses qui font du bien. En l’occurrence, il s’agit des fruits de la passion et des tomates en arbre (ou tamarillo). Ridiculement chers en France, ces fruits sont ridiculement abordables au Rwanda. En vente dans toutes les petites supérettes de votre quartier (si tant est que vous ne vivez pas dans ces quartiers résidentiels pour expatriés).

samedi 12 septembre 2009

Kigali: pourquoi les aérations des maisons ne comportent-elles pas de grilles anti-moustiques?

Ces derniers jours, le moustique et moi avons une routine commune. Le matin, nous errons d’une pièce de la maison à l’autre. Le soir, de retour du bureau, je franchis la porte principale et m’attable pour déguster une assiette de spaghettis, pommes de terre et haricots rouges. Le moustique, lui, franchit les aérations non-grillagées de la salle de séjour puis s’attable sur mon bras, mettant ainsi fin à la routine et, accessoirement, à sa vie. Tout de même, pourquoi ne pas grillager toutes ces aérations dans la maison?

Serait-ce parce que le sens de l´hospitalité implique l’accueil des moustiques sans aucune restriction? Peut-on également imaginer que laisser les moustiques errer dans son quartier expose à des poursuites des autorités sanitaires? Est-il autrement possible que le canons de l’esthétique imposent la non-apposition de vulgaires filets anti-moustiques dans les maisons? En tout cas, on est soulagé de dormir à l’abri de l’insecte bruyant et sanguinaire protégé par une moustiquaire efficace et de l’essence de citronnelle.

Allez savoir. Au fait, qui a la réponse?

PS : que penser du Rwanda? Pour l’instant, je ne sais pas. Les collines de Kigali, les efforts pour faire de la ville un exemple d’organisation dans la région, le calme apparent, les plats très riches en féculents, les prix astronomiques des produits quotidiens, une histoire récente que l’on dissimule ou arrange autant que possible … Toutes les images et les sensations se mélangent. Il est sûr que le choc n’est pas brutal. Ça encourage à découvrir le pays davantage. A suivre donc…

lundi 7 septembre 2009

Hull : Pourquoi ne vend-on pas de vinaigre digne de ce nom dans les hypermarchés?

Si vous vous attablez en compagnie de John, qui est franco-brésilien, ne lui dites pas que l'Angleterre ne possède pas de gastronomie : il vous jetterait la tête de veau que vous avez commandée par la fenêtre crasseuse du bistro. Ceci dit, quand on est lassé du fish and chips et qu'on veut se préparer, par exemple, une tête de veau à la maison, il ne faut pas s'attendre à la déguster avec une vinaigrette. Car, il est impossible de trouver du vinaigre, du moins à Hull. John a peut-être la réponse mais ma sœur et moi demeurons encore coi.

Le lobby des importateurs de citrons au Royaume-Uni aurait-il convaincu les autorités sanitaires d'interdire le vinaigre? Dans une nouvelle croisade contre l'alcool, le gouvernement britannique aurait-il décidé de restreindre l'accès au vinaigre? Les hypermarchés stockeraient-ils le vinaigre pendant la crise en espérant une montée des prix? La perspective de voir la très chiraquienne (donc politiquement connotée) tête de veau envahir les chaumières anglaises aurait-elle conduit les Anglais à interdire le vinaigre? A moins que John, ce fourbe...

Allez savoir. Au fait, qui a la réponse?

PS : A la maison, qu’est-ce qui accompagne à merveille un bon plat de pâtes aux fruits de mer préparé par votre petite sœur? L’album des Kings of Leon intitulé “Only by the Night”. Un vin blanc est aussi une bonne alternative.